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Occupy Masculinité

Et autres problèmes déposés

Date : 2023 – Verticales

Occupy Masculinité aimerait tellement que le monde soit conjugué par d’autres pronoms, je, tu, iel, celleux, mais c’est pas gagné. Occupy Masculinité zoome sur des zones dévastées de nos imaginaires hérités d’une histoire qui ne nous grandit pas. Occupy Masculinité vient travailler là ou l’impensé continue de structurer nos corps et nos consciences à des fins pas terribles. Occupy Masculinité voudrait occuper certains endroits de pouvoir où l’invisibilisation règne en maître·sse. En fait, Occupy Masculinité aimerait être plus loin que là où nous en sommes, mais le problème c’est que y a des genres de mots et d’idées qui manquent.

Le monde comme il débloque

Date : 2023 – Verticales
Jouant sur la reprise décalée de discours, entre mots d’ordre officiels et dénis flagrants, Jean-Charles Massera s’attaque depuis vingt ans à nos travers tes plus communs, y compris Le complexe du mâle blanc en crise qu’il incarne souvent à ses dépens. Le monde comme il débloque se présente en trois parties : 
Jouant sur la reprise décalée de discours, entre mots d’ordre officiels et dénis flagrants, Jean-Charles Massera s’attaque depuis vingt ans à nos travers tes plus communs, y compris Le complexe du mâle blanc en crise qu’il incarne souvent à ses dépens. Le monde comme il débloque se présente en trois parties : les solos, les duos et les polylogues. Mis en continuité, ces récits, situations et autres conversations offrent un percutant regard sur notre modernité.
Si les textes ici rassemblés n’ont rien perdu de leur pouvoir corrosif, c’est que l’écrivain absorbe et retranscrit l’oralité d’une façon visionnaire, sondant nos contradictions intimes et collectives, et offre ainsi un répertoire scénique pour les nouvelles générations.

Stairways to d’Autres Supports (la saga)

Date : 2014 – Le Gac Press en co-édition avec TALM-éditions

Stairway to d’Autres Supports (La saga) retrace le trajet d’une vie ainsi que le parcours esthétique qui l’accompagne, deux trajectoires que Jean-Charles Massera s’efforce de faire converger en un point nodal : comment l’art peut-il nous permettre de renouer avec une expérience du monde ? Malgré l’éclectisme des formes mises en œuvre, la nécessité de cette quête donne toute sa cohérence au processus de travail décrit ici sur le mode du récit. C’est finalement, une question très cinématographique que Jean-Charles Massera adresse à la littérature, cherchant ainsi à ouvrir son champ d’action. L’auteur se tourne alors vers d’autres formes d’expression qui sont autant de moyens de donner un contexte d’énonciation à des phrases ou à des énoncés de langage prélevés à même le flux devenu presque impalpable de notre réalité. Stairway to d’Autres Supports (La saga) propose ainsi de voir le montage dialogique et rétrospectif de la performance d’une vie, et d’entendre la B.O. remixée des évènements politiques de notre monde

Le guide du démocrate

Date : 2010 – Nouvelles Éditions Lignes.
Bienvenue dans une époque de l’indice, du sondage et des prévisions comme représentations ultimes, du Caddie malin, du lavage de cerveau rigolo, de l’émotion sur commande, de la pulsion en promo partout, du coaching pour pas trop sombrer quand on commence à être largué et d’un marché de l’emploi 
” Bienvenue dans une époque de l’indice, du sondage et des prévisions comme représentations ultimes, du Caddie malin, du lavage de cerveau rigolo, de l’émotion sur commande, de la pulsion en promo partout, du coaching pour pas trop sombrer quand on commence à être largué et d’un marché de l’emploi soumis à des flux super tendus et super brutaux comme ambiance, le tout dans la terreur de faire partie de la vague de septembre. ” Ou comment les idées reçues, dans nos sociétés ” les plus avancées sur le plan de la marchandisation et de la mondialisation des échanges et des informations “, forment la matière d’un langage où se donnent d’abord à voir la misère conceptuelle du démocrate, ses interrogations creuses et sa bonne volonté dénuée d’emploi. Cet essai facétieux engage la critique du démocrate contemporain par le moyen même de la langue dont il fait usage.

We Are L’Europe

Date : 2009 – Verticales
« Maintenant qu’on en est là, qu’est-ce qu’on fait ? comment on rebondit ? »
JCM

Jean-Charles Massera a choisi de soumettre les « sujets de société » à une sorte de forum en direct. Il faut que ça parle, dans toutes les oralités possibles. D’où cette agora qui met en discussion nos espoirs, préjugés et déceptions à l’heure de l’Europe mondialisée. Parmi les débatteurs des deux sexes, on trouvera des nostalgiques, des indécis, des blasés, des technophiles, des beaufs, des ultra-modérés, des super-positifs, des qui essayent de faire avec… Et de quoi causent-ils ? D’abstractions concrètes, autrement dit de grands idéaux ramenés à l’échelle de l’achat d’une cuisine équipée, de la pratique du roller, de la crise financière ou du port du string.

Se poser des questions à plusieurs, tel est le programme minimum de We Are L’Europe. Objectif largement dépassé, puisqu’en les posant, Jean-Charles Massera détourne le modèle de la démocratie participative pour aménager un lieu utopique où l’on pourrait se réfléchir les uns les autres.

a cauchemar is born

Date : 2007 – Verticales
A cauchemar is born est l’histoire fragmentée d’un XXᵉ siècle qui devait mal finir. Une histoire du XXᵉ siècle – ou plutôt sa réécriture – qui aurait tourné dans un autre sens, un sens où l’actualité des Autres serait devenu la nôtre, un sens où l’impensable aurait fini par arriver là, devant chez toi. Soit une trentaine de nouvelles revisitant sur le mode de la prospective-fiction et le ton de la farce quelques-uns des effets les plus dévastateurs des visées et du cynisme des grandes puissances politiques et économiques. Une trentaine de satires de ce qu’il faut bien appeler la plongée cool et totalement décomplexée de l’inconscient collectif occidental dans la barbarie ordinaire. Le tout dans des formes écrites que s’est donné le XXᵉ siècle : essais, journaux, manifestes, tracts, discours, articles de presse, dépêches, communiqués, textes de loi, résolutions, recommandations, déclarations, chartes, programmes, rapports, constitutions, dépliants touristiques, plaquettes d’entreprise, prospectus, quiz … A cauchemar is born nous promet une belle fin.

Jean de La Ciotat, la légende

Date : 2007 – Verticales
De celui que les internautes du peloton cyclosportif avaient fini par surnommer JdLC, on sait peu de choses. Son maillot, son cuissard et son casque étaient à dominante rouge, ses résultats étaient médiocres, son entraînement incohérent et ses objectifs largement hors de portée pour un homme qui n’avait pas exercé la moindre activité sportive durant plus de vingt ans. Le 20 août 2005, après deux saisons au sein de l’AVCC (Vélo Club Ciotaden), Jean de La Ciotat met un terme à sa carrière cyclosportive et redevient à plein temps Jean-Charles Massera.
Jean de La Ciotat, La légende débute par une correspondance électronique entre un sportif aux performances peu flatteuses et son alter ego, un intellectuel gêné par le retour du corps dans sa vie et la découverte du premier degré. Soit 368 pages pour comprendre comment en prenant une licence sous le nom d’un personnage, la fiction peut entrer dans la réalité et — après avoir vécu ce que l’on est en train d’écrire — la réalité dans la fiction.
Et puis surtout, comprendre comment une conscience critique, convaincue depuis plus de vingt ans que les seules expériences possibles sont celles de la pensée, peut vivre les 180 kilomètres d’une épreuve cycliste se terminant sous un chapiteau festif autour d’une pasta-party…

Jean de La Ciotat confirme

Date : 2004 – P.O.L
Les années se suivent et ne se ressemblent pas pour Jean de La Ciotat. Si la fin des années quatre-vingt-dix a vu le « Petit Jean de La Ciotat en Ligne de l’Art Contemporain » (www.mudam.lu/Magazine) s’imposer sur la scène artistique européenne, 2003 aura été l’année du retour impensable de l’intellectuel provençal sur la scène cyclosportive nationale. De l’ascension du Mont Ventoux à l’annonce de son retour à la compétition après plus de vingt-et-un ans d’interruption en passant par sa chevauchée fantastique dans la fameuse trilogie pyrénéenne – Aspin, Tourmalet, Luz-Ardiden – l’ancien cols killer de Mantes-la-Jolie a renoué avec le mythe.
Dans un sport décomposé, le moindre dépassement de soi est riche d’enseignements, et c’est à nous de savoir l’interpréter. Jean de La Ciotat confirme, c’est une aventure culturelle et sportive qui structure une pratique en mal de mythe, c’est le triomphe discret mais réel d’une certaine idée du cyclisme.

Sex, art and the Dow Jones

Year: 2003 – Sternberg Press

Sex,, Art, and the Dow Jones attempts to extract a certain number of aesthetic topics from their historic contexts (art and film history) in order to connect them to the restructuring currently going on in our society. Even today, questions from the 1980s appear to have linking components—a phenomenon occurring within anthropology, politics, and sociology, as well as in the aesthetic context.

How can the events in which we are supposed to participate be translated into experience? How can we represent ourselves in a History that is being written in terms of the economy and the stock market? Along these questions, French author Jean-Charles Massera discusses the works of various artists (Vito Acconci, Stan Douglas, Felix Gonzalez-Torres, Pierre Huyghe, et al.) and film-makers (Jean-Luc Godard, Wong Kar-wai, Nanni Moretti, Pier Paolo Pasolini, et al.).

United Emmerdements of New Order – précédé de United Problems of Coût de la Main-d’Oeuvre

Date : 2002 – P.O.L
United Emmerdements Of New Order nous apprend qu’un navire battant pavillon savoyard s’est échoué, dans la nuit, sur la plage de Cully près de Lausanne (Canton de Vaud) avec quelque 800 clandestins tyroliens, hommes, femmes et enfants entassés dans ses cales depuis plusieurs jours dans des conditions inhumaines. Pire, United Emmerdements Of New Order analyse les raisons qui ont poussé les autorités suisses à créer des camps de réfugiés pour les touristes d’origine française depuis la fermeture du tunnel du Mont-Blanc.United  Emmerdements of New Order nous met dans de sales situations sur le plan international et humanitaire, celles que nous ne voulons pas voir ou que nous ignorons.
United Emmerdements of New Order peut aussi se lire comme un recueil de lois mis à l’épreuve des faits. De l’esprit et des intérêts qui sont à l’origine de certaines lois, de certains codes, de certains réglements, United Emmerdements of New Order ne retient que quelques dispositions et les réécrit jusqu’à ce qu’elles nous disent ce qu’elles ne peuvent jamais nous avouer. United Emmerdements of New Order fait parler la loi.
United Emmerdement of New Order dramatise le processus de construction des certitudes de la petite bourgeoisie planétaire, de la propagande et de la connerie. United Emmerdement of New Order travaille la petitesse et la mesquinerie des aspirations occidentales, la réduction de nos faits et gestes à une partition écrite soit par des intérêts qui ne sont pas les nôtres (les intérêts économiques) soit par une incapacité à penser au-delà et en dehors de notre espace familier (la réduction du monde à mon canton). United Emmerdements of New Order fait de l’entrisme. Mais United Emmerdements of New Order est ouvert aux amendements et aux contrevenants. United Emmerdements of New Order est le récit d’une dépossession.
En résumé, United Emmerdements of New Order ne fait que dramatiser le lent processus de basculement de la petite bourgeoisie planétaire dans la barbarie. United Emmerdement of New Order nous promet une belle fin.

Amour, gloire et CAC 40

Date : 1999 – P.O.L
Amour, gloire et CAC 40 ? Une tentative de rapprochement entre un certain nombre d’interrogations esthétiques et le contexte historique dans lequel elles s’inscrivent. Sortir les propositions artistiques contemporaines de leur histoire spécifique (l’histoire de l’art et du cinéma) et les articuler sur les questions que posent certaines mutations récentes de nos sociétés. De toutes les questions qui ont hanté les années quatre-vingt-dix, certaines semblent aujourd’hui constituer un véritable enjeu, tant sur le plan esthétique que sur le plan anthropologique, politique et social : comment penser d’autres modes d’inscription symbolique, d’autres formes de représentation ? Comment traduire en expérience les événements auxquels nous sommes supposés participer ? Comment se représenter dans une Histoire qui semble désormais s’écrire en termes économiques et boursiers ? Comment réduire la distance entre l’Histoire telle qu’elle nous est transmise (la croissance ou le CAC 40) et les événements qui rythment mon quotidien (l’emploi du temps) ? Comment se représenter ici et maintenant ? Comment se projeter ? Beaucoup de questions, comme on le voit, fondamentales.

France guide de l’utilisateur

Date : 1998 – P.O.L
Les bulletins d’information, les notices d’utilisation, les articles de vulgarisation scientifique, les guides touristiques, les catalogues, les contrats d’assurance, la publicité… peuvent se lire comme un condensé des mythologies autour desquelles notre société s’organise (communication, authenticité, compétitivité, etc.). Ils alimentent l’imaginaire autour duquel se sont construites les années quatre-vingt-dix.
Qu’ils soient mis en relation, qu’ils soient tressés avec des phrases relatant des situations ou des moments de vie spécifiques, privés, et l’on obtient un télescopage de registres lexicaux qui soumet des pensées, des comportements intimes, aux formes qui régissent la circulation des biens et des services, des employés, des usagers. Jusqu’à sembler les déterminer…

Gangue son : récit programmatique

Date : 1994 – Méréal
2016 pour la réédition – La Ville Brûle
Premier texte publié de Jean-Charles Massera. Ce recueil de nouvelles est un « récit programmatique » dans lequel l’auteur, avec la verve et la folie qui sont siennes, tente de répondre à cette question : « Comment réduire la distance entre l’Histoire telle qu’elle nous est transmise – la croissance, le CAC 40, la guerre – et ma vie ? »
L’occasion de revenir aux sources d’une œuvre foisonnante, inclassable, drôle, surprenante, et éminemment politique.