La rameuse qui se demande si ça existe un parcavec un nom de grande femme
The Rower who Wonders if there is such a Thing as a Park with a Great Woman’s Name
Alors qu’elle est en train de ramer au milieu d’un étang situé dans un parc dédié à la mémoire d’un «grand homme» (Le Parc Jean-Jacques Rousseau d’Ermenonville), une femme affublée d’une tenue improbable (un mélange de robe-baskets sexy grunge en bas, de combinaison de championne d’aviron du nombril aux épaules et de visage arborant un chapeau sorti tout droit d’une peinture de Renoir), commence à penser à l’histoire de la représentation des femmes en général et à celle que lui a réservée l’histoire de l’art et la culture occidentale en particulier…
Visage, buste, et parfois jambes, faces caméra – comme si le spectateur ou la spectatrice était assis(e) dans la barque face à elle – la rameuse au visage pensif progresse sur l’étang en se remémorant en voix off et légèrement énervée (tant pas ce qu’elle évoque que par ces putains de rames qui sont mal fixées à l’embarcation), l’histoire aussi longue que lente de l’émancipation des femmes et de la difficulté à se sortir des représentations dans lesquelles elles ont été enfermées ou continuent elles-mêmes à s’enfermer. Le tout, sur un montage de types d’images ou plutôt d’évocations d’images, allant des portraits de jeunes filles d’Auguste Renoir à l’imagerie érotique soft ou la publicité des années 70 en passant par les photographies et les reportages filmés de la femme sportive vantée par les régimes fascistes des années 20 et 30.