Yes, Nous Pouvons ! | Yes, We Can!
© Félix Mandoux
Une partie de son œuvre portant sur des approches possibles du monde professionnel et ses représentations, il propose en 2009 un travail basé sur une série d’interviews liés au territoire économique de la Vallée de la Fensch. Plusieurs extraits choisis par l’auteur et validés en concertation avec les personnes interviewées seront exposés sur le territoire entre le 7 et le 21 octobre 2009, via les panneaux 4 par 3 et Abribus
Extrait du dossier de presse
As part of his work exploring possible approaches to the professional world and its representations, in 2009 he developed a project based on a series of interviews connected to the economic landscape of the Fensch Valley.
Several excerpts—selected by the author and approved in consultation with the interviewees—will be displayed throughout the area between October 7 and 21, 2009, using 4×3 billboards and bus shelters.
Excerpt of the press release
© Félix Mandoux
Yes, Nous Pouvons (les motivations)
Dans un moment de l’Histoire marqué par le sentiment de plus en plus partagé que le système économique et financier autour duquel nos existences se sont organiséesjusqu’ici n’est pas vraiment ce que l’on pouvait rêver de mieux pour l’épanouissement de celles-ci,
Dans une région du monde – la Lorraine en général et le Val de Fensch en particulier – où les effets collatéraux (les ondes de choc) de l’accélération de la mondialisation des échanges et de la déterritorialisation des moyens de production sont peut-être plus sensibles qu’ailleurs,
Dans un environnement qui a été essentiellement dessiné pour et par l’industrie, une industrie qui jusqu’à une période très récente de notre Histoire a produit le monde dans lequel nous nous sommes toujours projetés et dans lequel nous pensions toujours pouvoir nous projeter,
Dans une partie du monde, où le sentiment de participer (avoir une place) à la marche et à la construction de ce même monde a progressivement cédé la place à une impression d’être mis à l’écart de cette marche qui semble désormais se jouer dans un ailleurs de plus en plus éloigné,
Dans un contexte historique, économique et social où la construction d’un nous peine désormais à s’effectuer dans une logique de rassemblement autour d’un projet commun,
Dans une situation économique et historique où le local et le global ont de plus en plus de mal à trouver des visées communes et des espaces partagés,
Dans un moment où nos imaginaires semblent gelés par des processus et des logiques pensés à l’échelle d’intérêts qui ne sont plus les nôtres,
Pour le dire clairement, il est peut-être temps de se projeter ailleurs, ailleurs et surtout autrement.
Yes, Nous Pouvons ! (la forme et les modalités pour le dire clairement)
D’abord et avant tout, en parler,
En parler dans le cadre de rencontres, d’entretiens (conduits par l’auteur) avec un éventail d’acteurs économiques, de personnes salariées, demandeuses ou non-demandeuses d’emploi(s), le plus large, le plus diversifié qui soit,
En parler non pas sur le mode du constat d’une situation économique et sociale connue et trop souvent rebattue, mais sur celui plus détendu d’un possible (la projection),
En parler non pas sur le mode problématique et dominant du pragmatisme (la politique de la construction d’un futur basée sur la seule logique des problèmes qu’il faut régler), mais sur celui plus distant de la possibilité d’un imaginaire autre, autre que celui que la raison conjoncturelle ne cesse d’altérer,
Un imaginaire à construire (plutôt qu’à reconstruire), Yes, Nous Pouvons,
Un imaginaire autre qui commencerait par des questions (des désirs ?) non assujetties aux seuls processus économiques et financiers trop souvent mis en avant pour mieux barrer la route à tout élan (tout désir ?) vers un ailleurs et un autrement, Yes, Nous Pouvons,
Yes, Nous Pouvons et c’est même la seule chose qui urge vraiment.
Yes, Nous Pouvons déjà commencer
À en parler et à le faire savoir un peu partout sur le territoire du Val de Fensch (pour commencer) dans le cadre de sucettes et de panneaux d’affichage 4×3, Yes we can !
La forme affiche comme forme de projection,
La campagne d’affichage comme campagne d’affichage d’un je et d’un nous (Yes, we can!),
Yes, Nous Pouvons comme projection d’une forme pensée à notre échelle,
Yes, Nous Pouvons comme projet de relance du désir,
Yes, Nous Pouvons comme projet conscient de la conjoncture internationale,
Mais qui pose quand même comme préalable qu’il faut arrêter de nous la raconter.
Jean-Charles Massera, Londres-Paris, Janvier 2009
Yes, We Can (the motivations)
At a moment in History increasingly marked by the shared feeling that the economic and financial system around which our lives have been organized until now is far from what we might have imagined as the best framework for personal fulfillment,
In a region of the world—Lorraine in general, and the Val de Fensch in particular—where the collateral effects (the shockwaves) of accelerated globalization and the deterritorialization of production are perhaps felt more acutely than elsewhere,
In an environment shaped overwhelmingly for and by industry—an industry that, until very recently, produced the world in which we projected ourselves, and in which we believed we would always be able to project ourselves,
In a part of the world where the sense of participating in (of having a place in) the movement and construction of that very world has gradually given way to the feeling of being pushed aside, as if that movement were now taking place somewhere increasingly distant,
In a historical, economic, and social context in which building a collective “we” struggles to happen around any shared project,
In an economic and historical situation where the local and the global find it increasingly difficult to identify common goals or shared spaces,
At a time when our imaginaries seem frozen by processes and logics shaped by interests that are no longer our own,
To put it plainly: perhaps it is time to project ourselves elsewhere—elsewhere, and above all otherwise.
Yes, We Can! (the form and the means to say it clearly)
First and foremost, by talking about it.
Talking about it through meetings and interviews (conducted by the author) with the widest and most diverse range possible of economic actors, salaried workers, job seekers and non–job seekers alike.
Talking about it not through the well-worn lens of an economic and social situation that is already known and too often repeated, but through the more relaxed lens of what is possible—of projection.
Talking about it not through the dominant, problem-fixated mode of pragmatism (the politics of building a future based solely on the logic of issues to be solved), but through the more distanced approach of imagining something different—different from what short-term reasoning constantly erodes.
An imaginary to be built (rather than rebuilt). Yes, We Can.
A different imaginary that would begin with questions (with desires?) not subordinated to the economic and financial processes so often invoked to block any momentum (any desire?) toward an elsewhere, toward another way of being.
Yes, We Can.
Yes, We Can—and it is in fact the only truly urgent thing.
Yes, We Can already begin
to talk about it and to make it known throughout the Val de Fensch (to start with), through posters and 4×3 billboards. Yes, we can!
The poster as a form of projection.
The poster campaign as a campaign for an “I” and a “we” (Yes, we can!).
Yes, We Can as the projection of a form conceived at our own scale.
Yes, We Can as a project to revive desire.
Yes, We Can as a project fully aware of the international conjuncture—
yet one that still insists, as a starting point, that we must stop fooling ourselves.
Jean-Charles Massera, London–Paris, January 2009