Projections Années Zéro

© Blaise Adilon & Jean-Charles Massera

Projections Années Zéro, 2010

Neuf affiches sont créées pour Villeurbanne. Les trois premières fonctionnent de manière complémentaire et sont au format mupi (format des affiches pour abris bus et des panneaux placés dans la ville à hauteur d’yeux des piétons). Le texte (en noir sur fond blanc) de la première «alors c’est vrai des fois y’a juste pas l’choix » s’amplifie à chacune des deux autres affiches. Le visuel est toujours le même, un ciel bleu parsemé de nuages. Pour Jean-Charles Massera, cette série, qui sera présentée à plusieurs endroits de la ville, repose sur une association mentale de l’image et de la répétition de cette première phrase. En déplaçant une parole ordinaire (issue des nombreuses notes prises par l’auteur au quotidien), il s’agit de générer, dans l’esprit du spectateur, un nouvel espace propice à une construction plus poétique du monde. Les six autres affiches fonctionnent en duo et se présentent au format senior (qui correspond au format des panneaux d’affichage en hauteur, visibles principalement par les automobilistes). Trois phrases sont imprimées en noir sur
fond blanc sous ou à côté d’une image : « Et on sait très bien, au fond, que c’est pas ça qu’on désire vraiment… » accompagneun ciel et  la silhouette d’une femmepieds nus sur la plage ; « En plus c’est pas forcément une position qui est plus confortable… » légende le profil d’une lampe dans un bureau et une table de ping-pong en plein air ; « en même temps, c’est peut être une question de distance aussi… dans un premier temps. » est associée à la vue en contre-plongée de bâtiments de verre et à un portrait, pensif, de l’auteur. Il s’agit de faire émerger la parole individuelle dans l’espace public, de s’approprier un environnement dévolu habituellement à la publicité qui peut ainsi redevenir un lieu d’interrogation et de libre expression. « Ce que je signe, c’est le processus, le déplacement de la parole, le fait de la rendre visible ».

Guide du visiteur – IAC – 2010

Nine posters were created for Villeurbanne. The first three work in a complementary way and are in the mupi format (the format of posters for bus shelters and panels placed in the city at the eye level of pedestrians). The text (in black on a white background) of the first one, “alors c’est vrai des fois y’a juste pas l’choix” (“so it’s true sometimes there’s just no choice”), is amplified on each of the two other posters. The visual is always the same: a blue sky dotted with clouds. For Jean-Charles Massera, this series, which was presented in several locations throughout the city, is based on a mental association between the image and the repetition of this first sentence. By displacing an ordinary expression (taken from the author’s numerous daily notes), the aim is to generate, in the viewer’s mind, a new space conducive to a more poetic construction of the world. The six other posters work in pairs and are presented in the senior format (which corresponds to the format of high-up billboards, mainly visible to motorists). Three sentences are printed in black on a white background below or next to an image: “Et on sait très bien, au fond, que c’est pas ça qu’on désire vraiment…” (“And we know very well, deep down, that this is not what we really desire…”) accompanies a sky and the silhouette of a barefoot woman on the beach. “En plus c’est pas forcément une position qui est plus confortable…” (“Plus, it’s not necessarily a more comfortable position…”) captions the profile of a lamp in an office and an outdoor ping-pong table. “en même temps, c’est peut être une question de distance aussi… dans un premier temps.” (“at the same time, maybe it’s also a question of distance… initially.”) is associated with an upward-facing view of glass buildings and a pensive portrait of the author. The goal is to bring individual speech into the public space, to appropriate an environment usually devoted to advertising, which can thus become a place for questioning and free expression once again. “What I am signing is the process, the displacement of the speech, the fact of making it visible.”

Visitor’s Guide – IAC – 2010